Pratiques en santé mentale et besoins spécifiques

Nadine Larivière
Rédactrice en chef Mosaïque

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Présentation

La mosaïque pour cet automne comprend 3 recherches qui s’inscrivent dans une réflexion commune sur l’adaptation des pratiques en santé mentale pour répondre à des contextes et des besoins spécifiques.

Tout d’abord, au sujet de l’Integrated Psychological Treatment (IPT : Programme intégratif de thérapies psychologiques) qui est implanté en milieu carcéral et en psychiatrie légale depuis plusieurs années. Dumont et al. ont documenté le processus d’adaptation de cette approche auprès de personnes vivant avec la schizophrénie dans des milieux sécurisés. Une analyse de 3 cas provenant de 2 provinces canadiennes, fondée sur des entrevues avec des professionnels de la santé et le cadre Framework for Reporting Adaptations and Modification-Enhanced, indique des ajustements concernant le contenu (p. ex. ajout d’exercices cognitifs), les modalités (p. ex. durée des séances) et la formation (p. ex. création d’un manuel adapté). Ces adaptations visent à concilier les exigences de l’IPT avec la réalité institutionnelle et à soutenir la pérennité de cette intervention.

Ensuite, le trouble obsessionnel compulsif (TOC), une pathologie psychiatrique fréquente et chronique. L’équipe d’Echater et al. a mené une étude transversale auprès de 116 psychiatres et résidents marocains afin de décrire leurs pratiques de prescription et leur conformité aux recommandations internationales. Les résultats montrent une prédominance des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) en première intention (92,2 %) et une faible utilisation exclusive de la thérapie cognitive-comportementale (TCC) (4,3 %). L’étude souligne des écarts avec les recommandations et la nécessité de promouvoir les meilleures pratiques pour optimiser la prise en charge du TOC.

Enfin, l’étude de Pauzé et al. explore l’impact du trouble de personnalité limite chez un parent sur le fonctionnement familial et conjugal selon la perception des 2 membres du couple parental. À partir d’un devis descriptif interprétatif et un cadre sur le fonctionnement familial, 4 couples avec des enfants mineurs ont été recrutés. Les résultats révèlent des unions rapides, une attribution de rôle thérapeutique au conjoint, des rôles stéréotypés et des stratégies pour prévenir les crises. Malgré une perception globalement positive, ces dynamiques semblent entraîner un surinvestissement dans les responsabilités familiales et domestiques.

Ces 3 articles témoignent du dynamisme de la recherche dans la francophonie quant aux pratiques en santé mentale dans des contextes particuliers. Une lecture des plus enrichissantes.

Auteure : Nadine Larivière
Titre : Pratiques en santé mentale et besoins spécifiques
Revue : Santé mentale au Québec, Volume 50, numéro 2, automne – hiver 2025, p. 195-196

URI : https://id.erudit.org/iderudit/1123621ar
DOI : https://doi.org/10.7202/1123621ar