Au Québec, la santé mentale sans les kinésiologues, c’est comme une cabane à sucre sans sirop
Samuel St-Amour
Université du Québec à Rimouski
Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal
Ahmed Jérôme Romain Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal
Université de Montréal
Paquito Bernard
Institut de recherche en santé, environnement et travail, Rennes
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Sirop
Résumé
Imaginez qu’un nombre important d’études ait identifié un traitement améliorant tant la santé physique que mentale. Un traitement que les chercheurs étudient continuellement en le décortiquant et le peaufinant pour en comprendre les mécanismes. Imaginez que ce traitement soit peu coûteux, mais qu’il fasse aussi économiser de l’argent au système de santé. Imaginez maintenant que les spécialistes dotés d’une formation universitaire pour administrer ce traitement soient pratiquement absents des établissements de santé. Cette situation surprenante est pourtant la réalité au Québec. En dépit de l’importante quantité de données empiriques soulignant les bénéfices de l’activité physique sur la santé mentale, les kinésiologues sont rarement impliqués dans l’accompagnement des personnes aux prises avec un trouble de santé mentale au Québec. Parallèlement, plusieurs importantes avancées en recherche ont été réalisées au Québec et ailleurs au Canada au cours de la dernière décennie. En effet, plusieurs équipes ont notamment étudié les effets de l’activité physique sur la santé psychologique, les symptômes de troubles mentaux et les désordres métaboliques et alimentaires comorbides. Toutefois, force est de constater que les kinésiologues (professionnels de la santé, spécialisés en activité physique et changement de comportement) sont chroniquement sous-embauchés dans le système de santé québécois, particulièrement en santé mentale. On compte aujourd’hui moins d’un kinésiologue diplômé sur 3 occupant un emploi à temps complet lié à sa formation, qui va bien au-delà de la santé mentale. Pour la santé publique, il serait donc judicieux de financer l’implantation de kinésiologues en santé mentale.
Mots-clés : kinésiologie, exercice physique, santé mentale, psychopathologie
Abstract
Imagine a treatment improving physical AND mental health is identified by an important number of studies. Scientists continuously work on this treatment to analyze, improve, and understand it better. Imagine that this treatment is not only cheap but makes people save money when used. Imagine now that a large number of professionals are especially trained each year to administer this treatment but next to none are working in any health service centre nor pharmacy. This absurd situation is currently happening in Quebec. Despite the vast literature supporting the benefits of physical activity for mental health, kinesiologists are seldom involved in mental health care settings. Paradoxically, Quebec’s and Canada’s researchers have made important strides on this subject over the last decade. Indeed, teams worked to analyze physical activity’s effect on mental well-being, mental illness symptoms and comorbid metabolic disorders. But kinesiologists (physical activity and behaviour change specialists) are still chronically underemployed in mental health settings nonetheless. Today, fewer than 1 in 3 kinesiology graduates is fully employed in a position linked to their training (including a variety of fields outside of health services). Financing the implantation of kinesiologists in public health services would, therefore, be among the best use of public funds.
Keywords: kinesiology, physical exercise, mental health, psychopathology

Auteurs : Samuel St-Amour, Ahmed Jérôme Romain et Paquito Bernard
Titre : Au Québec, la santé mentale sans les kinésiologues, c’est comme une cabane à sucre sans sirop
Revue : Santé mentale au Québec, Volume 51, numéro 2, été 2026, p. 85-99
URI https://id.erudit.org/iderudit/1126801ar
DOI https://doi.org/10.7202/1126801ar









